Partager l'article ! "pour en finir avec cette honte nationale" (Robert Badinter): Je souhaitais, à travers cet article, vous faire part d'un ras-le-bol! ...
Je souhaitais, à travers cet article, vous faire part d'un ras-le-bol!
Suite au blocage des prisons par les surveillants pénitentiaires (120 prisons concernées), je pense qu'il est nécessaire de relayer la situation catastrophique de nos prisons.
Epinglée par le Conseil de l'Europe (dans le rapport annuel des droits de l'homme du 6 mars dernier), la France compte sur son territoire les pires prisons d'Europe!
Occupées à 120%, les detenus se retrouvent les uns sur les autres au milieu d'une hygiène et d'un délabrement des locaux inhumains!
Le taux de suicides exponentiel (le plus élevé d'Europe), médiatisé en début d'année à la manière ludique d'un compteur, n'est plus d'actualité.
Et s'il n'y avait que les prisons... Nous sommes aussi pointés du doigt sur nos centres de détention (où l'on place les suspects en garde à vue), notamment celui de Paris, ainsi que nos centres
de rétention pour les étrangers en instance d'expulsion.
Et que proposons nous dans ce pays de tous les records dans ce domaine?
Nous avons un gouvernement qui continue à faire du tout sécuritaire et de la répression massive!
Un gouvernement qui n'hésite pas à envisager l'enfermement de plus en plus jeune, le fichage et la stigmatisation de la population..
Un gouvernement qui a reduit le budget de l'observatoire international de prisons (cf le rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie
Delarue)...
Jusqu'où irons nous?
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Sache, tout d'abord, que je partage ta colère en ce qui concerne l'état déplorable de nos prisons! Dans cet article, tu abordes des thèmes particulièrement importants pour la bonne compréhension du fonctionnement opaque de notre système pénitentiaire (les suicides, le tout sécuritaire, la surpopulation carcérale, etc) que j'aimerais brièvement commenter.
La prison fait partie du triste paysage politique français. Ces derniers temps, plusieurs livres, rapports parlementaires et autres écrits dénonçant l'état déplorable du système carcéral, furent publiés. Malgré ces diverses avertissements, il semble (malheureusement) que le gouvernement actuel ne mette pas la question de la refondation du système pénitentiaire à l'ordre du jour. Loin de vouloir dédouaner la véritable carence d'initiative gouvernementale dans ce domaine, je dois reconnaître que le problème du système carcéral français prend ses racines il y a de cela plusieurs décennies. Sans reprendre à mon compte la thématique avancée par Michel Foucault dans Surveiller et Punir, il convient de remarquer le caractère oppressant du système panoptique, système au sein duquel l'individu est privé de ses libertés fondamentales par l'observation et le contrôle ininterrompus de ses moindres faits et gestes. Dès lors, nous prenons conscience du fait que la prison ne peut être l'unique modèle de réeducation des citoyens digne d'une démocratie moderne. Ne désirant cependant pas remettre en cause dans ce commentaire l'existence même de la prison, je tiens à me pencher davantage sur les améliorations que nous pourrions apporter à ce système, certes imparfait. Le mouvement des surveillants de prison doit être considéré comme un véritable signal d'alarme pour nous autres, hommes et femmes de gauche. L'obsession du tout-sécuritaire symbolisée par l'incompétente Garde des Sceaux semble aller à l'encontre d'une quelconque amélioration concernant le fonctionnement de notre système carcéral. Véritable machine à récidive, il ne semble pas qu'à terme la prison soit une solution miracle aux diverses phénomènes de délinquance que nous connaissons. Les établissements de réeducation spécialisés au sein desquels il existe un remarquable encadrement sont une excellente alternative à la prison. Les résultats sont concluants. Le taux de récidive est près de trois fois moins important que celui observé en prison. Alors, pourquoi ne pas augmenter ce type d'infrastructures me direz-vous? Le problème n'est autre que financier. En effet, d'importantes dépenses doivent être réalisées pour mettre en place de tels établissements. Dès lors, se pose l'éternelle question de la volonté politique. Victor Hugo ne disait-il pas "ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons".. A méditer!